La fiabilité de l’évaluation à distance

Le 21 avril 2020 à 16h35

Les tactiques pour éviter la fraude à distance

Le développement des formations à distance menant à une certification ou à un diplôme pose la question de la fiabilité de la validation des connaissances. Voici quelques moyens mis en place pour surveiller les candidats à distance :

– Faire accepter par les candidats un règlement des épreuves qui précise les consignes, le mode de vérification de l’identité, les éventuels documents et outils autorisés durant l’épreuve. Il stipule également les conséquences en cas de fraude,

– Demander au candidat d’effectuer à l’aide sa Webcam un tour à 360° de la pièce dans laquelle il se situe, afin de montrer qu’il est seul et n’a pas de ressources à disposition. Faut-il rappeler que ce procédé est peu efficace 🙂 ?.

– Faire présenter une pièce d’identité face à la Webcam. Ces données sont alors systématiquement cryptées et les copies sont rendues anonymes avant l’envoi aux correcteurs.

– Relever les coupures de connexion (certains petits malins invoquent des coupures intempestives, bien pratiques pour gagner du temps de recherche d’information…). Effectivement, si la qualité de la connexion est vérifiée en amont de l’épreuve, nul n’est à l’abri d’une coupure. Pour limiter les abus, l’organisateur de l’examen doit déterminer à l’avance quelle durée de coupure peut être tolérée. Il lui est aussi possible de déceler à distance la qualité du réseau et donc la bonne foi du candidat.

– Enfin, la télésurveillance du candidat via webcam tout au long de l’épreuve est parfois pratiquée. (en direct ou post-épreuve avec visionnage de l’enregistrement). Elle reste fastidieuse et nécessite plusieurs télé-surveillants.

Pour limiter ces contraintes, le recours à une école ou un centre d’examen physique agréé est de plus en plus fréquent. La candidat y est convoqué pour l’épreuve et utilisera le matériel informatique mis à disposition par le centre sous le contrôle de surveillants. L’avantage est de pouvoir contrôler de visu l’identité du candidat et de le surveiller durant l’épreuve. Ce choix  est notamment celui de la startup @Tridan, qui propose des tests d’évaluation de compétences digitales et commerciales à des étudiants et professionnels en activité.

Des contenus qui font appel à la créativité et au raisonnement

Pour limiter la fraude à distance, les contrôles à base d’un Questionnaire à Choix Multiple sont souvent privilégiés (avec  généralement un temps de réponse limité par question ou pour la totalité du test). Pourtant, d’autres types d’évaluation sont possibles et sûrs, notamment la production d’un travail intellectuel. Moins fastidieux qu’un QCM,  il permet de mesurer autre chose qu’une connaissance théorique. Est-ce une porte ouverte à la triche ? :Je ne pense pas car il existe aujourd’hui des applications efficaces pour déceler les copier-coller et plagiats (Scribbr, Plagium…). Il arrive aussi que pour éviter que le candidat prenne le temps d’aller chercher de l’information ailleurs durant une épreuve à distance, il est demandé d’effectuer en deux heures un travail qui en demanderait 3. Je juge ce procédé incorrect vis-à-vis du candidat.

N’existe-t-il pas une autre manière de s’assurer des compétences du candidat ?

Du contrôle à distance  à l’évaluation Web 2.0

Pourquoi vouloir reproduire à distance (automatiser) l’épreuve évaluative traditionnelle (vestige d’une approche pédagogique traditionnelle qui veut s’assurer de l’assimilation d’une théorie) alors que les outils digitaux rendent aujourd’hui possible une approche de l’évaluation innovante, basée sur des productions collaboratives, des  présentations vidéos,  des serious games immersifs, des modes d’autoévaluation beaucoup plus formatifs et dynamiques que les devoirs surveillés ?

Lorsque l’évaluation à distance est pensée non pas uniquement comme la mesure de pré-requis, de connaissances  intermédiaire ou de fin de parcours, mais comme une pédagogie de la formation en réseau, la crainte de la fraude n’est  plus un problème. Portefolios, Blogs, conduites de projets, restitutions, sont autant d’indicateurs de compétences plus riches que la résolution d’un devoir formalisé à un instant T.  Bien sûr, cette approche est beaucoup plus compliquée à mettre en place qu’un évaluation sommative entièrement automatisée.

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